E-reporting : qu’est-ce que c’est et quelles entreprises sont concernées

L’e-reporting, c’est l’obligation de transmettre à l’administration fiscale les données de certaines de vos ventes, sans lui envoyer la facture elle-même. C’est le deuxième volet de la Réforme de la Facturation Électronique, celui dont on parle deux fois moins que l’e-invoicing, et qui piège pas mal de dirigeants qui se croyaient hors du champ.

Vous vendez à des particuliers ? À des clients à l’étranger ? Alors ça vous concerne, même si vos factures B2B franco-françaises ne représentent qu’une partie de votre activité.

En bref. L’e-reporting consiste à transmettre à la DGFIP, via une plateforme agréée, les données des opérations non couvertes par la facturation électronique : vos ventes aux particuliers (B2C) et vos opérations avec l’international. Vous ne transmettez pas la facture, mais des données structurées : montant, TVA, date, et parfois l’encaissement. Obligation au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, au 1er septembre 2027 pour les PME et TPE.

E-reporting et e-invoicing : deux volets qu’on confond tout le temps

Voici la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher quand on la découvre trop tard.

La réforme impose deux obligations distinctes. L’e-invoicing couvre vos factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA (le B2B domestique) : là, vous échangez la facture électronique complète, de bout en bout, via une plateforme. L’e-reporting couvre tout le reste : les opérations où il n’y a pas de facture électronique B2B française à transmettre, mais où le fisc veut quand même récupérer les données de TVA.

Pourquoi cette distinction ? Parce que l’objectif réel de la réforme, c’est le contrôle de la TVA en temps quasi réel. Pour vos ventes B2B en France, l’État récupère les données automatiquement au passage de la facture électronique. Mais quand vous vendez à un particulier, il n’y a pas de facture électronique à intercepter. Quand vous exportez, l’opération sort du circuit français. L’e-reporting bouche ces trous.

Un exemple concret. Vous dirigez une PME qui fait 70% de son chiffre en B2B avec des clients français et 30% en vente directe à des particuliers via votre boutique en ligne. Les 70% relèvent de l’e-invoicing. Les 30% relèvent de l’e-reporting. Deux mécaniques, une seule plateforme pour les gérer (on y revient plus bas).

Si les acronymes de la réforme vous donnent encore le tournis (PA, PPF, OD…), notre lexique de la facturation électronique remet tout à plat.

Quelles opérations sont concernées par l’e-reporting ?

Deux grandes familles d’opérations tombent dans le champ de l’e-reporting, plus une donnée supplémentaire à transmettre dans certains cas.

Les ventes aux particuliers (B2C)

Toute vente de bien ou prestation de service à une personne non assujettie à la TVA. Le commerce de détail, la restauration, les services aux particuliers, la vente en ligne grand public. Si vous encaissez des clients qui ne sont pas des entreprises, vous faites de l’e-reporting.

Les opérations avec l’étranger

Une prestation de service facturée à une société allemande, une vente à un client hors Union européenne, une livraison de biens vers un autre pays de l’UE, un export. Toutes ces opérations ont un point commun : elles ne passent pas par le circuit de facturation électronique français, réservé au B2B domestique. Leurs données remontent donc par l’e-reporting. Beaucoup sont d’ailleurs exonérées de TVA, comme les exportations et les livraisons intracommunautaires, mais l’exonération ne vous dispense pas du reporting : les données partent quand même à l’administration.

Puis vient une donnée en plus, pour une partie des entreprises seulement.

Les données de paiement

Pour les prestations de services, la TVA est due à l’encaissement et non à la facturation. L’administration veut donc aussi savoir quand vous avez été payé. C’est le volet le plus technique, et le plus facile à oublier.

Ce qui n’est pas de l’e-reporting : vos factures entre entreprises françaises assujetties. Ça, c’est de l’e-invoicing pur. La ligne de partage se joue sur la nature du client (particulier ou pro) et sur sa localisation (France ou étranger).

E-reporting de transaction, e-reporting de paiement : la nuance qui compte

Le terme “e-reporting” recouvre en réalité deux transmissions différentes.

L’e-reporting de transaction porte sur l’opération commerciale : ce que vous avez vendu, à qui (particulier, entreprise étrangère…), pour quel montant, avec quelle TVA. C’est la base.

L’e-reporting de paiement ne concerne que les prestations de services. Comme la TVA sur les services est exigible au moment de l’encaissement, l’administration a besoin de la date à laquelle vous avez effectivement reçu l’argent. Une entreprise qui ne vend que des biens n’est pas concernée par ce second volet. Une entreprise de conseil, d’entretien ou de services l’est.

Dans les faits, vous n’aurez pas à jongler manuellement entre ces deux flux. Une plateforme agréée correctement paramétrée fait le tri selon la nature de chaque opération. Mais comprendre la distinction vous évite de paniquer quand votre expert-comptable ou votre intégrateur emploie les deux termes.

Quelles données devez-vous transmettre, exactement ?

Pas la facture. C’est le point qui rassure la plupart des dirigeants une fois qu’il est posé.

Vous transmettez un jeu de données structurées extraites de vos opérations : le montant hors taxes, le montant de TVA par taux, la date de l’opération, la catégorie de transaction, et pour vos ventes B2C, un récapitulatif agrégé par jour plutôt qu’une ligne par client. Vos clients particuliers n’apparaissent donc pas nommément dans les données B2C : c’est agrégé.

Pour l’e-reporting de paiement, s’ajoute la date d’encaissement et le montant encaissé.

Concrètement, si votre logiciel de gestion et votre plateforme agréée sont bien connectés, ces données sont extraites automatiquement de vos ventes et de vos encaissements. Vous ne ressaisissez rien. C’est tout l’intérêt d’avoir un outil qui gère la comptabilité, la facturation et l’e-reporting au même endroit, au lieu de reconstituer les données à la main chaque mois.

À quelle fréquence transmettre les données ?

Bonne nouvelle pour ceux qui redoutaient un flux en continu : l’e-reporting ne se fait pas au fil de l’eau.

La fréquence dépend de votre régime de TVA. Une entreprise au régime réel normal transmettra plus souvent qu’une entreprise au régime simplifié. En pratique, on parle d’une transmission qui suit le rythme de vos déclarations de TVA, avec un délai après la fin de la période concernée. Rien à voir avec l’e-invoicing, où la facture part dès son émission.

Ce point a une conséquence directe sur votre organisation : l’e-reporting n’exige pas que vous soyez branché en permanence, mais il exige que vos données soient propres et complètes au moment de la transmission. Une compta tenue à jour en continu vous met à l’abri. Une compta qu’on rattrape en fin de trimestre transforme chaque échéance d’e-reporting en course contre la montre.

Qui est concerné et à partir de quand ?

L’e-reporting suit le même calendrier que l’e-invoicing, calé sur la taille de l’entreprise.

Type d’entreprise Obligation d’e-reporting
Grandes entreprises et ETI 1er septembre 2026
PME, TPE et micro-entreprises 1er septembre 2027
Entreprises étrangères immatriculées à la TVA en France 1er septembre 2027

Attention à un piège de lecture. Contrairement à l’obligation de réception des factures électroniques, qui s’applique à toutes les entreprises dès le 1er septembre 2026, l’e-reporting démarre selon votre catégorie. Une PME au sens de la réforme a donc jusqu’à septembre 2027 sur ce volet.

Mais “jusqu’à 2027” n’est pas une invitation à attendre 2027. Si vous mettez déjà en place une plateforme agréée pour recevoir vos factures en septembre 2026, autant activer l’e-reporting dans la foulée plutôt que rouvrir le chantier un an plus tard.

Comment se mettre en conformité sans y passer ses nuits

Toute la mécanique de l’e-reporting repose sur un point unique : votre plateforme agréée.

Depuis la réforme, vous devez passer par une plateforme agréée (PA, l’appellation qui a remplacé “PDP” en juillet 2025) pour transmettre vos données. C’est elle qui extrait les informations de vos opérations, les met au bon format et les envoie à l’administration selon la bonne fréquence. Sans PA, pas d’e-reporting possible.

Reste à choisir la bonne. Et là, le critère qui change tout pour une PME, c’est l’intégration. Une plateforme déconnectée de votre comptabilité vous oblige à reconstituer les données de vente et d’encaissement à chaque échéance. Une plateforme intégrée à votre logiciel de gestion le fait automatiquement, parce qu’elle a déjà toutes vos données sous la main.

C’est précisément le terrain de Pennylane, qui réunit comptabilité, facturation, encaissements et statut de plateforme agréée dans un même outil (immatriculation définitive obtenue le 22 décembre 2025). L’e-reporting devient alors un paramétrage, pas un projet mensuel.

Chez Amigest, on déploie Pennylane pour des PME et on paramètre l’e-invoicing comme l’e-reporting selon la réalité de chaque activité : part de B2C, ventes à l’international, prestations de services soumises au reporting de paiement. Si vous voulez aborder l’échéance sereinement plutôt que dans l’urgence de l’été 2026, découvrez notre accompagnement Pennylane.

Le plus simple reste de ne pas traiter l’e-reporting comme un sujet isolé. C’est un morceau de la même réforme que l’e-invoicing, avec le même outil et le même calendrier. Réglez les deux ensemble, une fois.

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